la pragmatique attitude illustrée

Vision périphérique et lecture rapide

Avez-vous déjà observé un lecteur rapide ?

D’un mouvement cadencé de la main, il dévore les pages d’un livre à une vitesse vertigineuse.

Il est difficile d’imaginer qu’il absorbe et comprenne tout ce qu’il lit.

Après tout, parfois il nous arrive d’oublier ce que nous venons de lire… à vitesse normale.

Pourtant, il est possible de lire et de retenir toutes les informations d’un support papier ou numérique, même si vous lisez déjà beaucoup plus vite qu’une personne normale.

Comment lire vite pour extraire, tout en retenant l’information essentielle pour vous ?

En effet, si le flux de votre pensée ne s’arrête pas, l’œil en revanche marque en permanence des milliers de focalisations (points de fixation).

Il y a donc, en théorie, un « étranglement » dans la transmission entre le support de l’info (papier ou numérique) et vous (votre cerveau).

Il est évident que l’une des clés pour lire plus vite se situe au niveau de l’œil et de la perception visuelle, car c’est le cerveau qui indique à l’œil ce qu’il veut savoir. Enfin dans le meilleur des cas 😉

Le cerveau pilote les yeux afin d’alimenter la mémoire de travail en données.

champs visuel en lecture

©Delphimages-Fotolia

Votre œil cherche, il balaye puis se fixe pour obtenir une vision nette – le décodage du mot -.

Ensuite, en une fraction de seconde, vous interprétez ce mot, le sens du groupe de mots, puis vous décidez de poursuivre la lecture, ou pas.

La lecture d’un texte demande 3 opérations.

2 opérations au niveau de l’œil:

  • la sélection (le balayage du regard qui obéit aux injonctions du cerveau)
  • la fixation (200 millisecondes pour une vision nette)

Puis, 1 opération au niveau de la mémoire de travail:

  • la subvocalisation (le cerveau décode le texte en prononçant le mot mentalement, puis crée une image mentale pour continuer à alimenter la mémoire de travail)

Le champ de vision se décompose en deux parties:

  • la vision périphérique et
  • la vision centrale (les fixations)

Sachez que chez l’homme, La vision périphérique englobe 90% du champ de vision et dispose de 50% du nerf optique. ça ne vous parait-il pas providentiel ces ressources ?

Génétiquement, cette faculté de vision périphérique doit avoir un lien avec le fait de « voir venir le danger » et donc la survie de l’espèce.

Pour le lecteur rapide, élargir le champ « conscient » de la vision périphérique de l’œil, consiste à faire des bonds de plus en plus larges, c’est à dire que chaque point de fixation va contenir plus de mots de la ligne du texte.

La vision périphérique livre des impressions globales et déformées du champ de vision. Concrètement, il va falloir voir plus de mots à la fois, des mots flous donc, mais des mots dont vous pouvez anticiper le sens avec l’aide de votre mémoire de travail.

La vision centrale: la fovéa, est le point central le plus net de la vision.
L’œil s’arrête (pendant 200 à 400 ms) sur un point de fixation pour obtenir des détails à haute résolution. Sur votre écran cette zone nette de la vision représente un cercle de 2,5 centimètres de diamètre.

En lecture, l’empan visuel est la distance maximale (nombre de mots) que le regard peu capter lorsqu’il se fixe. Plus les lettres sont éloignées du centre, plus elles sont illisibles.

Mais comment la mémoire de travail va-t-elle « recoller » les éléments d’information pour donner la cohérence à la lecture rapide, et permettre la mémorisation ?

D’abord cela dépend:

  • de votre entrainement,
  • de la connaissance du sujet de lecture
  • et de votre désir d’extraire une information, un sens

Cette méthode pour apprendre fonctionne à merveille en associant dans la mémoire de travail, des informations fraiches, ou (déjà) bien ancrées dans la mémoire à long terme.

Voici un ordre de valeurs:

  • Moins de 200 mots par minute en lecture normale.
  • Le cerveau est capable de décoder jusqu’à 400 mots par minute en subvocalisant rapidement,
  • et plus de 1000 mots sans subvocaliser.

C’est réellement très utile pour les lectures quotidiennes ! au boulot, à la maison, dans les transports, pour faire de la veille et de la recherche d’information etc. Au final, on gagne des heures!

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4 réponses à Vision périphérique et lecture rapide

  • Le photo-reading est également une approche intéressante de la lecture rapide et passe par une mémorisation inconsciente du contenu, voir cet article sur la vision périphérique pour les références.

    • bonjour Jean-Philippe,
      pour moi le photo-reading constitue une approche globale
      de l’utilisation du cerveau.

      il s’agit d’utiliser la mémoire photographique
      et d’apprendre à faire confiance au subconscient,
      donc de court-circuiter la mémoire de travail

      à ce titre c’est intéressant. Je ne sais pas
      si ont peut réellement parler de « technique de lecture »
      dans le sens de décodage phonologique.

  • Je pense effectivement qu’il faudrait pousser l’analyse jusqu’à une sorte de test de compréhension et de mémorisation pour mesure effectivement la qualité de la « lecture ».

    • Vous avez raison, les tests de lecture permettent l’évaluation et la fixation d’objectifs de temps de lecture.

      Sur votre blog vous indiquez utiliser le photo reading avec des supports de lecture professionnels, donc des matériels qui vous sont familiers en quelque sorte, c’est dans ce contexte, je pense, une bonne stratégie de lecture rapide. la phase d’activation doit être facilitée car vous savez précisément ce que vous cherchez.

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