la pragmatique attitude illustrée

hormones, neurones et sommeil en hypnose

Que se passe-t-il dans notre corps pendant l’état hypnotique?

Les personnes hypnotisées ressentent soulagement et bien-être.

L’état hypnotique s’accompagne toujours de changements physiologiques, mais peu de ces modifications sont mesurables.

Bien que les avancées récentes en imagerie médicale (scanner / IRM) montrent littéralement les effets de l’hypnose, Il n’existe pas de définitions biochimiques, endocrinologiques et neurologiques du phénomène hypnotique.

par exemple on comprend mieux (grâce aux travaux du Dr.Rainville) comment agit l’hypnose pour calmer la douleur, mais cela ne nous apprend rien du processus lui-même.

Changements habituellement constatés par les médecins et hypnothérapeutes:

Au niveau des hormones

hypnose ondes cérébrales synapses

© Nobeastsofierce-fotolia

L’hypnose (l’auto hypnose) stimule et déclenche une réponse de la glande hypophyse aussi appelée pituitaire ou glande maitresse (très active  notamment lors des accouchements). C’est l’hypothalamus qui régule l’hypophyse par la production de neuro-hormones. C’est là, au centre du cerveau, que sont produites les hormones (messagers chimiques envoyés dans le sang) qui gèrent une large gamme de fonctions corporelles. Sont observés:

  • changement sur la pression artérielle et du taux d’oxygène dans le sang,
  • production endomorphique, morphine endogène (opiacé naturel)
  • production de sérotonine qui accentue les visualisations

Dans le cerveau

Nos neurones utilisent l’énergie électrique pour communiquer. Des millions de neurones émettant simultanément des signaux produisent une importante activité électrique dans notre cerveau, qui peut être mesurée.

La découverte des ondes cérébrales a permis de comprendre que l’activité électrique du cerveau change en fonction de l’activité de la personne. L’ auto hypnose  est caractérisée par différents niveaux de conscience qui se succèdent et qui correspondent à des gammes de fréquence, exemple:

ondes bêta

(12 Hz – 38 Hz) -1 Hertz est équivalent à une oscillation par seconde –

État ordinaire de conscience, de vigilance.

C’est l’état dans lequel nous passons la majeure partie de notre vie. Dans cet état, l’esprit  n’est pas prêt à recevoir d’ induction. Cependant, la stimulation d’ondes bêta peut avoir une énorme influence sur l’intelligence, l’attention, la stabilité émotionnelle et bien d’autres.

Cette fréquence prédomine chez les personnes stressées, anxieuses et insomniaques (13 Hz)

ondes alpha

(8 Hz – 12 Hz)
Profondément détendu mais éveillé, aucun traitement d’informations. C’ est l’état mental dans lequel on se trouve tôt le matin ou pendant un rêve éveillé.

Elle améliore la clarté de visualisation et rend l’esprit  réceptif aux suggestions. On l’observe généralement chez les personnes naturellement sereines ou relaxées en état de calme et d’équilibre. Le niveau hypnotique premier.

ondes thêta

(3 Hz – 8 Hz)
Sommeil léger ou état de relaxation extrême. La phase de l’état hypnotique. Lʼétat thêta est connu pour être un état dʼhyper-suggestibilité.

Les fréquences très lentes produites lors des états entre veille et sommeil. Des mouvements oculaires rapides (REM) peuvent se manifester, (les REM sont généralement observés lors du sommeil paradoxal)

ondes delta

(0.2 Hz – 3 Hz)
La conscience est off, entièrement inactive. Sommeil profond et sans rêve. Les ondes delta sont les oscillations cérébrales les plus lentes. Lorsque les ondes delta prédominent, le corps se régénère. En règle générale, on ne rêve pas dans cet état.

l’hypnose n’est pas le sommeil

Le terme hypnotisme évoque le sommeil alors que le but de l’ hypnose est d’élargir la perception au maximum.

C’est James Braid (chirurgien écossais) qui a semé la confusion en proposant en 1843 le terme « hypnotism » dérivé du grec ancien Hypnos, dieu du sommeil. Ce mot à été introduit en France dans le Littré en 1863 (hypnotisme) pour remplacer définitivement le terme de  » magnétisme animal  » de Mesmer datant de 1781.

Ce malentendu a  nuit à l’hypnose et l’auto hypnose qui fut comprise comme une thérapie qui endort d’un sommeil réparateur et gomme les comportements anormaux.

Mais les études de laboratoire sur les caractéristiques de l’hypnose montrent que la circulation sanguine cérébrale, les fonctions cardiaques et respiratoires sont beaucoup plus proches de celle de l’éveil. Il en est de même pour le tracé électroencéphalographique.

L’ hypnose ne comporte pas de « sommeil paradoxal », même si des mouvements oculaires rapides peuvent survenir. Il n’y a pas non plus de « brefs réveils » en fin de cycle. L’hypnotisé peut bouger et expliquer ce qu’il perçoit.

En fait, les informations extérieures de notre monde réel laissent le champ libre à la mécanique réflexe du sommeil lors de la phase d’induction.

Mais l’état hypnotique pour être fécond, doit rester intermédiaire entre éveil et sommeil. Il faut « tromper » le corps, l’endormir tout en restant vigilant 😉

Les mystères du sommeil ont fini par être confondus avec l’hypnose, bien qu’ ils ne constituent que le cadre thérapeutique nécessaire au déroulement d’un soin sous hypnose.

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6 réponses à hormones, neurones et sommeil en hypnose

  • « production de sérotonine (hormone du sommeil) »

    > n’est-ce pas plutôt la mélatonine l’hormone du sommeil ?

    • oui! absolument;
      merci c’est une erreur, un dénominateur de l’état de perception en mode « visualisations » est la sérotonine.

      elle permet de modifier certaines perceptions. c’est cela que j’ai voulu marquer.

      oups…

      je viens d’apprendre: il semble que la mélatonine serait synthétisée à partir de la sérotonine. (est-ce une histoire de niveau de conscience ????? 😉 [vs lâcher prise] )

      La seule chose que je sache de certain et d’indubitable savoir, c’est que « tricher » avec la l’hormone du sommeil (pas de lumière donc pas de réveil) est E-FFI-CACE;

      j’ai dans mes cartables des « caches yeux/bandeaux sommeil » (ainsi que des « boules quies »)…
      isolation sensorielle quand tu t’imposes…

  • Oui, la mélatonine est fabriquée par le cerveau à partir de la sérotonine, qui elle-même l’est à partir du tryptophane, un acide aminé (à prendre avec des glucides en cas de supplémentation, ils favorisent son passage dans le cerveau !).
    Donc si l’on manque de mélatonine c’est autant au détriment du sommeil que du bien-être et de l’appétit (de vivre, de nourriture, de sexe, de tout !).

    Je n’y avais pas pensé, mais, oui, il est fort possible que tout ça ait un lien avec le niveau de conscience ! Avec le lâcher prise ça ne fait aucun doute (j’y arriverai, un jour !).

    Moi aussi je triche avec l’hormone du sommeil, et bouchons d’oreilles en mousse ou boules quies et « cache-zyeux » (à défaut de volets/rideaux occultants) me sont indispensables ! Sans isolation sensorielle, pas de récupération d’énergie, pour ma part. C’est le lot de tous les « hypersensibles », je crois !

  • La chimie endocrine agit donc sur la personnalité, c’est vraiment super intéressant.

    Nos humeurs sont sécrétées… apprenons à les distiller! 😉

    Prendre de la distance, au quotidien, quels que soit les « outils » matériels ou psy, quel que soit la jauge du niveau de conscience, c’est déjà du lâcher-prise 🙂

    Quant a nos glandes elles suivent leurs propres règles, bien plus anciennes que notre personne sur notre terre.

    L’hypnose est un lâcher-prise actif, il faut seulement définir qui fait quoi, pour qui, vers quoi.

    L’hypersensibilité est-elle innée ou acquise ?

    Nos « émotions chimiques » sont des réactions à nos univers intérieur/extérieur ou conscient/subconscient.

    En tant qu’hypersensible, je pense que le curseur de ma « personnalité  » a mis au point diverses protections & filtres qui finalement deviennent caduques et rémanents :/

    Où trouve-t-on les apports en tryptophane ?

  • ce qui m interesse c est de savoir si on peut declencher une transe en utilisant ou en augmentant certains neurotransmetteurs responsablent de la transe ?

    • oui il existe des « lucidogènes » qui induisent des transes plus ou moins puissantes…
      mais la question majeure est: pourquoi ? (motivation) & avec qui ?
      quoi qu’il en soi les « molécules » ne dédouanent pas d’un réel travail introspectif, à moins de tomber dans le vampirisme des drogues récréatives stériles.

      Si votre question est: peut-on déclencher via des exercices de concentration/respiration (« pranayama «  »tantrique » ») des transes, je dirais oui, mais là encore le travail est considérable.

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